Te parler de Bokashi

A défaut d’aller au Japon et donc d’avoir des choses à te raconter sur ce voyage, je vais tout de même te parler d’une technique de compost qui vient tout droit du pays du soleil levant et que j’ai découverte récemment et adoptée à la maison : le Bokashi.

Le Bokashi, c’est quoi ?

Il s’agit d’une méthode de compostage d’origine japonaise. Le mot « Bokashi » veut dire « matière organique fermentée ».

C’est une méthode de revalorisation des déchets organiques qui sert d’alternative au compostage traditionnel et au lombricompostage.

En effet, le bokashi se présente sous la forme d’un bac hermétique de la taille d’une poubelle de cuisine et équipé d’un robinet. Son format le rend donc idéal pour les personnes vivant en appartement.

Le bokashi est en fait un procédé de fermentation sans air, « anaérobie » (d’où l’importance d’avoir un bac bien hermétique). C’est ce procédé qui va permettre la « transformation » des déchets organiques. Mais cette fermentation anaérobie ne se fait pas comme ça, comme par magie, en jetant simplement ses épluchures dans un bac hermétique. Non ! Ce procédé nécessite l’ajout de « EM », des micro-organismes efficaces, qui se présentent sous la forme de poudre de blé et qui sont aussi appelés « activateur ».


Le matériel

Pour se lancer dans le bokashi il te faut un seau hermétique. Il en existe de différentes contenances dans le commerce et il est tout à fait possible de fabriquer le sien en s’inspirant de tutos sur Youtube.

A chaque apport de déchets dans le seau il faut bien les tasser afin de limiter la présence d’air dans le seau, cela nécessite donc d’avoir un tasseur.

Autre élément important dans le bokashi c’est l’activateur ou son de bokashi. C’est un genre de poudre qui contient les « EM » et sera à disperser sur les déchets à chaque apport dans le seau.


Qu’est-ce qu’on peut y mettre ?

C’est le gros avantage du bokashi comparé aux autres méthodes de compostage. En effet, alors que les vers du lombricomposteur n’acceptent pas tout ce qui est agrume, ail, …, et alors que le composteur « classique » ne prend pas les viandes, le bokashi lui, n’est pas difficile, il accepte tout (ou presque).

On peut mettre tous les déchets de cuisine, dont les agrumes, les coquilles d’œufs, les arêtes, les tous petits os, la viande, le poisson, les restes de plats cuisinés, le marc de café, le thé, le pain, les croutes de fromage, …

Ce qu’il ne faut vraiment pas mettre ce sont les liquides (soupes, sauce, …), les gros éléments (gros noyaux, gros os, …), et les aliments déjà moisis.


Comment on procède ?

Il n’y a pas plus simple ! Il suffit d’ouvrir son seau et d’y verser les déchets, en essayant de ne pas y mettre de trop gros morceaux mais sans tout retailler en petits dés non plus (on n’est pas là pour « faire à manger » à son bokashi), de tasser le tout avec le petit tasseur et de verser une poignée d’activateur sur le dessus et de refermer son seau hermétiquement.


Le jus de bokashi

Tout au long de ce procédé de remplissage du seau, du jus de bokashi est produit, du fait de la fermentation qui est en cours dans le seau (ça peut prendre un peu de temps au début, mais patience !).

Ce jus est à récupérer régulièrement pour ne pas qu’il s’accumule au fond du seau et il peut être utilisé pour l’arrosage des plantes (en le diluant bien 10ml de jus pour 1l d’eau !!).
Sinon, à défaut d’avoir des plantes à arroser il est possible de le verser directement dans les canalisations car les bonnes bactéries contenues dans le jus de bokashi ont un effet nettoyant et préviennent donc des canalisations bouchées.


Une fois le seau rempli ?

Quand le seau à bokashi est plein, il faut le laisser fermenter encore deux semaines sans l’ouvrir, mais en pensant bien à récolter régulièrement le jus qui en résulte.

Au bout de ces deux semaines, le contenu du seau n’aura pas miraculeusement disparu et n’aura pas non plus changé d’aspect, mais pourtant, les déchets auront toutefois subi une transformation.

Le contenu du seau peut alors être versé dans un compost traditionnel (solution idéale si tu as un compost au fond de ton jardin, ou accès à un composteur collectif).
Sinon, le contenu peut être utilisé dans le jardin, en l’enterrant dans un carré de terre vierge où il terminera son processus de fermentation tout en enrichissant la terre.

Il peut également être utilisé à proximité des plantations, mais pas en contact direct non plus, parce qu’il est encore très puissant et acide et pourrait donc avoir l’effet inverse de celui recherché.

Sinon, il est possible de verser le contenu du seau dans un grand pot ou une jardinière. Il faut alors remplir un tiers du pot avec de la terre, remplir le tiers suivant du contenu du seau, mélanger le tout, et finir par recouvrir le dernier tiers du pot avec de la terre et laisser reposer le tout au moins deux semaines avant de pouvoir utiliser cette terre dans les jardinières.


Hélène et le bokashi

Pourquoi je me suis lancée là-dedans ?

On parle tous les jours d’écologie, de notre planète qui se meurt et qu’il faut faire quelque chose.
De plus, il est prévu que d’ici 2025 tous les particuliers en France devront disposer d’une solution de tri des biodéchets. Donc, pourquoi attendre et ne pas déjà commencer à chercher une solution qui me convient et convient aussi à ma famille ?

Il y a quelques années j’avais déjà essayé le lombricomposteur. L’Homme était sceptique, mais m’a laissé faire (et le bac était à la cave donc peu de risque de se retrouver avec des vers qui se baladent dans le salon). Mais, bien qu’au début tout se passait bien, j’ai fini par « tuer » mes vers en essayant de me débarrasser de moucherons qui avaient envahi le lombricomposteur. J’ai donc abandonné cette idée.

Il y a quelques temps j’ai entendu parler du bokashi et j’ai alors commencé à me renseigner sur cette méthode vendue comme du « compostage urbain » et sans odeurs. Ça me paraissait être la méthode idéale pour moi. En effet, nous vivons en appartement, n’avons pas de jardin donc le compost classique n’est pas envisageable (surtout qu’il n’y a pas de compost collectif dans la commune).
A force de lire des choses sur le sujet j’ai fini par décider de sauter le pas et essayer pour voir ce que ça pouvait donner à la maison.


Mon petit retour d’expérience

Là encore, l’Homme était sceptique et avait des craintes concernant les odeurs.

Bon, soyons honnêtes, le bokashi n’est pas à 100% sans odeur. Il y a une légère odeur de fermentation à l’ouverture du seau et le jus de bokashi a aussi une odeur un peu particulière. C’est surtout l’activateur qui sent un peu fort quand on l’ouvre.
Mais ce sont des odeurs qui personnellement ne me dérangent pas. L’Homme aime un peu moins, mais franchement, une fois la cuisine aérée c’est bon on ne sent plus rien.

En tout cas, en dehors de ça, il n’y a rien d’autre comme odeur. Et pourtant j’y ai mis des chutes de découpe de poulet, de la peau de poisson et rien, pas d’odeur désagréable comme quand je jetais ça dans la poubelle que du coup j’étais obligée de vider rapidement alors qu’elle n’était pas encore pleine.

Le seau est stocké sous l’évier dans ma cuisine et je n’ai eu aucun problème de petites mouches. Rien n’a envahi ma cuisine.

Le seau que j’ai acheté est un seau d’une contenance de 16l. Nous avons mis un mois pour le remplir (2 adultes et 2 enfants à la maison). Un mois pendant lequel j’ai drastiquement réduit le volume de notre poubelle.


Pétunias arrosés sans jus de bokashi

Concernant le jus de bokashi, j’ai commencé à en avoir après une semaine et je l’ai de suite utilisé pour arroser mes plantes.
Je ne parlerai pas du scepticisme initial de l’Homme sur le jus, mais en tout cas maintenant c’est lui qui me demande si j’ai du jus pour arroser ses tomates, framboisiers, fraisiers, …

En effet, il a planté des pétunias sur la terrasse et il y a un pot qui a bénéficié du jus de bokashi et pas l’autre. Et on voit une sacrée différence entre les deux donc il commence à reconnaitre que finalement le jus de bokashi c’est peut-être pas mal.

Pétunias arrosés avec du jus de bokashi

Pour ma part, je vois aussi une belle différence sur les plantes d’intérieur que j’ai arrosées avec le jus de bokashi.
Elles me font beaucoup de nouvelles feuilles (plus belles et plus fortes), mes orchidées ont sorti ou de nouvelles racines ou de nouvelles fleurs en bout de tige.


Pour ce qui est de l’utilisation du contenu de mon seau après fermentation, j’ai acheté un sac « stock compost » qui était présenté sur un site qui parlait de bokashi donc je me suis dit pourquoi ne pas essayer. Surtout que ce sac a une contenance de 50l, ce qui me permettait de mettre tout le contenu de mon seau et accessoirement de récupérer la terre que j’ai dans un vieux bac cassé qu’il faut que je vide.

Bon, je dois avouer qu’après une semaine j’ai dû tout jeter. En effet, j’ai eu tout un tas d’asticots au niveau de la « trappe » latérale du sac (ouverture censée faciliter la récupération de la « nouvelle » terre … mais qui a surtout facilité la colonisation par ces espèces de larves de mouches).
J’étais un peu dégoutée de tout jeter parce que, quand j’ai enlevé la couche supérieure de terre pour la récupérer, j’ai pu constater que le contenu de mon bokashi qui n’était pas en contact avec cette trappe et donc ces asticots avait un très bon aspect et semblait nickel. Mais j’ai préféré tout enlever pour être sûre que la terrasse ne soit pas envahie d’asticots et de mouches.

Pour le prochain contenu je pense que j’investirai dans un vrai bac pour retenter le mélange bokashi/terre.
Le mieux sinon serait que je trouve un compost où verser le contenu de mon seau, mais pour le moment je n’ai rien trouvé.
En attendant, j’ai fait une demande pour voir s’il était envisageable de faire installer un composteur collectif sur la commune … affaire à suivre.


En conclusion

J’ai pleinement adopté le bokashi à la maison. Je vais même acheter un second seau. En effet pendant la période de 15 jours durant laquelle il faut laisser la fermentation se faire quand le seau est plein, je n’avais pas d’autre choix que de jeter de nouveau mes déchets organiques à la poubelle et ça m’a dérangée.

Je savais, quand j’ai acheté mon premier seau, que l’idéal c’était d’en avoir deux dès le départ, mais comme je ne savais pas si la méthode allait me convenir ou non j’avais préféré opter pour la « sécurité » et pris un seul seau.


Liens et infos

Si tu veux te renseigner sur cette méthode de compost qu’est le bokashi, je te mets quelques liens vers des sites et chaines Youtube qui m’ont beaucoup aidée pour me lancer dans cette aventure :

La chaine Youtube BokashiCompostBe. Elle est tenue par Stefania Cao et il y a plein de petites vidéos sur comment démarrer et remplir son bokashi, et d’autres informations bien utiles.

Interview de Stefania Cao chez les Ecolos Imparfaits

Le livre « Bokashi – manuel du compost urbain à la japonaise » de Antonin Padovani


Et toi ?

Tu connaissais déjà le bokashi ? Tu utilises cette méthode ou une autre méthode de compost ?

2 réflexions au sujet de « Te parler de Bokashi »

    1. Je ne connais cette technique que depuis quelques temps seulement, et j’ai un peu hésité à me lancer, mais pour le moment ça va, ça n’est pas compliqué et tout roule (hormis le petit raté en fin de cycle, mais ça ne me decourage pas, j’apprends 😅)

      Aimé par 1 personne

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